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Constellations et vie amoureuse : aimer et être aimé(e)
C’est un des sujets qui revient le plus parmi les personnes qui viennent me consulter. Cette difficulté à aimer. Et à se sentir aimé(e).
Qu’on soit seul(e) ou en couple.
Chez les hommes et chez les femmes qui viennent me trouver autour de ces sujets, j’entends autant de souffrance dans les deux cas. Le désespoir de ne pas arriver à rencontrer enfin la bonne personne, la tristesse de ne pas arriver à construire, à se projeter dans un couple, une famille ou celui de n’être pas vu(e) ou entendu(e) par la personne avec qui on partage sa vie, l’impression de vivre avec un étranger, ou pire un persécuteur. Et l’impossibilité de se sentir en paix, ouvert et vivant dans l’espace du cœur.
Les constellations familiales sont un merveilleux moyen d’aller explorer notre vie amoureuse, ses ratés, ses redites, ses freins et tout ce plomb venu d’ailleurs, qui ne nous appartient pas et qui pèse pourtant bien lourd sur les épaules de l’amoureux ou de l’amoureuse en nous. Haine contre les hommes ou contre les femmes, venue du fin fond des âges, terreur de l’engagement, dépendance affective, colère héritée et réactivée par un simple battement de cils, mémoires traumatiques du corps abusé, violenté, méprisé… La liste est longue.
Les constellations permettent de prendre de la hauteur avec ce qui se passe dans notre quotidien le plus étroit : la solitude, l’absence de désir, l’éternel recommencement d’un schéma amoureux qui nous fait souffrir, etc. On va pouvoir aller voir ce qui s’est passé avant nous. Comment était le couple de nos parents, de nos grands-parents. C’est parfois un couple lointain dans nos lignées, un homme et une femme qu’on n’a même pas connus, avec qui on est intriqué(e) et dont on rejoue inconsciemment le destin malheureux. La constellation va nous permettre de mettre la lumière sur ces fidélités inconscientes, sur ce qui nous conduit malgré nous dans nos comportements amoureux.
Hortense vivait encore chez ses parents à plus de quarante ans. Elle était à l’arrêt. Incapable même de se mettre en mouvement pour trouver un logement ou un compagnon. Elle n’avait jamais été en couple, ne s’était jamais inscrite sur des applications de rencontres. Comme « sacrifiée ».
La constellation a pu mettre la lumière sur ce mouvement inconscient en elle qui disait : « mes chers parents, ma chère maman, je porte ça à votre place. Et quoi qu’il arrive, je reste. » Hortense est en effet issue d’une longue lignée de femmes blessées dans leur féminité et en particulier dans leur maternité : une arrière-grand-mère morte en couche, plusieurs femmes qui ont perdu des bébés ou de très jeunes enfants. Quitter ses parents et en particulier sa mère équivalait inconsciemment à lui faire revivre ces pertes déchirantes qu’elles portent toutes les deux dans leur mémoire cellulaire.
On a pu dans la constellation, s’incliner devant ces destins difficiles et rendre à ses ancêtres ce qui leur appartient. Et Hortense a pu faire ce mouvement à la fois douloureux et tellement libérateur de laisser au Passé ce qui appartient au Passé et de se tourner vers son propre destin.
Aujourd’hui elle se sent tellement plus légère (elle a aussi perdu beaucoup de poids) et elle est en chemin pour laisser entrer de nouvelles rencontres dans sa vie. Il y a enfin la place pour ça.
Arthur se sentait comme un petit garçon chaque fois qu’il s’engageait un peu plus dans une relation de couple. L’angoisse de mal faire, de se faire « gronder » par sa compagne, le sentiment de n’être jamais assez, assez compétent, assez performant, assez aimant.
J’ai eu l’intuition de représenter son enfant intérieur dans la constellation. Difficile pour lui de s’y intéresser, de s’en approcher, encore moins de le prendre dans les bras ou de lui apporter de la tendresse, comme s’il n’était lui aussi « pas assez »., assez touchant, assez intéressant.
La constellation nous montre un enfant qui se recroqueville dès qu’on fait rentrer sa mère dans l’espace. Le souffle court, il apparait terrorisé.
En apportant du soutien à Arthur à travers des figures de Féminin et de Masculin sacrés, il arrive à réintégrer en lui sa mère et son père intérieurs et à prendre enfin soin de l’enfant en lui. Il peut lui dire qu’il est parfait comme il est et lui promettre à partir de ce jour d’être là pour lui à chaque fois qu’il en aura besoin. Son enfant intérieur peut se détendre, retrouver son énergie, sa pétillance et sa joie de vivre. Et Arthur peut enfin se tourner vers une amoureuse potentielle, mais depuis sa place d’adulte cette fois. Et ça change tout.
Aujourd’hui Arthur sait prendre soin de cette part de lui qui ne se sent pas à la hauteur quand elle s’active dans ses relations. Et il peut évoluer souverain et avec beaucoup plus de sérénité dans sa vie amoureuse.
Mathilde, une jeune femme sensible et amoureuse, vivait dans une perpétuelle colère envers son compagnon, qu’elle me disait pourtant aimer de "toute son âme". Lors d’une constellation, nous avons pu mettre la lumière ensemble sur une confusion inconsciente entre son compagnon dans la vie actuelle et un jumeau qu’elle aurait perdu in utero très précocement. Elle a pu retrouver et nourrir son cœur de ce lien premier osmotique avec ce jumeau perdu. Elle a été bouleversée de le sentir si réel et si présent en elle, alors qu’elle n’en connaissait même pas l’existence jusqu’à ce jour. Elle a aussi pu retraverser la colère qu’elle a ressentie mais n’a jamais pu vivre consciemment au moment où il l’a quittée. Et on a pu mettre en lumière à quel point dans sa vie son amoureux prenait la place de ce jumeau perdu et recevait toute cette colère à sa place. Après la séance, Mathilde m’a rapporté que toute cette colère a pu fondre instantanément.
Ce sont trois exemples parmi tant d’autres. Si quelque chose vous fait écho d’une façon ou d’une autre, c’est qu’il y a peut-être des résonances avec votre propre système. N’hésitez pas à me contacter pour en parler. Il y a sans doute possibilité de venir explorer ça en groupe ou en individuel.
La relation à la mère en constellations familiales
« Je ne suis pas venu ici pour parler de ma mère !
- Vous seriez bien le premier… »
Ce dialogue entre un patient et son psy issu de la série En thérapie m’a fait sourire, en ceci qu’il me raconte quelque chose de mon propre parcours en psychanalyse, et aussi celui d’un certain nombre de mes patients !
« Je ne parle plus à ma mère depuis plusieurs années, elle est trop toxique. » « Il faut que j’arrive à mettre des limites à ma mère. Elle ne peut pas s’empêcher de s’immiscer dans mon couple. » « Ma mère m’appelle tous les jours. Si je ne suis pas là pour elle, j’ai l’impression de l’abandonner.» « Avec ma mère, tout va bien. Mais on ne se parle jamais de rien de profond. Ça a toujours été très distant entre nous. » Ce sont des phrases qui reviennent, avec ces mots ou avec d’autres similaires, de manière lancinante chez les personnes que je reçois à mon cabinet, en début ou en cours de thérapie.
Parfois une relation souffrante, dysfonctionnelle à la mère est le point de départ d’un travail sur soi. Et parfois, c’est comme un point aveugle, un nœud dont on ne veut parler pour rien au monde. C’est dans tous les cas, la relation première, fondatrice, qui dessine la trame de toutes nos relations à venir.
En constellation familiale, on observe de manière encore plus évidente à quel point le lien à la mère est souvent le noyau dur qui se cache derrière un grand nombre de points de douleurs qui amènent les personnes à consulter :
- Une vie amoureuse au point mort ou en souffrance
- Une relation conflictuelle avec nos enfants
- Une difficulté dans le lien à l’argent ou à l’abondance en général
- Une vie professionnelle insatisfaisante
- Des problèmes de santé
La constellation familiale va souvent mettre en lumière une coupure dans le lien à la mère. Un endroit dans l’histoire de la personne où l’élan d’amour naturel de l’enfant vers sa mère n’a pas pu aboutir. Le travail de la constellation va consister à remettre du mouvement là où quelque chose s’est figé, à permettre à l’amour de recirculer là où ce n’était plus possible, et parfois depuis très longtemps.
Il ne s’agit pas toujours de renouer à sa mère dans la réalité. Il y a des parents toxiques et il est parfois bon de mettre de la distance. Il s’agirait plutôt de pouvoir dire oui à un certain endroit à notre mère, dire oui à la part inaltérable de son être et récupérer cette force de vie dont on s’est privé.
En constellation, on représente aussi parfois la mère intérieure, celle qu’on s’est construite et qui peut nous aimer, prendre soin de nos parts vulnérables et en particulier de notre enfant intérieur au quotidien. On peut aussi appeler la Terre Mère ou la Mère divine pour réinsuffler dans le système de la personne ce qui a parfois tant manqué.
À partir du moment où on peut ouvrir son cœur à sa mère, on peut lui dire intérieurement : « Merci pour la vie. Je prends la vie de toi, ma chère maman, et je prends tout de toi. » Ce sont des mots que l’on prononce parfois en constellation et qui soulagent énormément. Quand on ouvre son cœur à sa mère, on ouvre aussi son cœur à 50% de notre ADN. On apprend à s’aimer et à s’accepter avec là d’où l’on vient. Et quand on ouvre son cœur à sa mère, on ouvre son cœur à la Vie, on permet à l’abondance de se manifester autour de nous, on équilibre nos relations et on se sent nourri, profondément, quoi qu’il advienne dans notre existence.
Sophie est une patiente qui vient me consulter en psychothérapie. Elle est en dépression. Se déteste profondément. Le père de son enfant menace de la quitter. Il la méprise et elle se cramponne. Elle est dans une grande dépendance affective. Au travail, elle a un poste à responsabilités, mais qui semble ne lui procurer aucun plaisir. Elle adule plusieurs figures de femmes qui sont ses supérieures ou ses égales, mais qu’elle place systématiquement sur un piédestal. Au fil des séances, se dessine une relation de haine envers sa mère à qui elle reproche tout et n’importe quoi. Elle continue à la voir ou à l’appeler presque tous les jours. Et à s’en plaindre sans relâche. Chacune de ses remarques la poignarde, mais elle dépend complètement de son regard, de son jugement. Elle ne veut pour rien au monde lui ressembler. Ne veut rien avoir à faire avec elle. Elle la juge, la condamne. Mais vit complètement dans son ombre et dans une attente comme un gouffre sans fond de ce qu’elle « aurait dû » lui donner.
Je lui propose un jour une constellation en individuel. (Elle ne serait jamais venue en groupe). Elle accepte mais c’est extrêmement douloureux pour elle ne serait-ce que d’imaginer représenter sa mère avec une figurine. Les larmes viennent aussitôt. Elle prononce avec peine les phrases réparatrices que je lui propose : « Ma chère maman, je suis ta fille et tu es ma maman. Ici c’est toi la grande et moi la petite. Aujourd’hui, par amour pour toi et par respect pour ta grandeur, je te rends ce qui t’appartient. Je m’en libère et je choisis de suivre mon chemin. Merci pour la vie. Pour ce qui est du reste, aujourd’hui je m’en charge. » C’est en substance les mots que je lui propose au cours de la constellation et qui résonnent dans tout son corps quand elle les prononce. Chaque mot est comme une mise à jour énergétique dans toutes ses cellules. À la fin de la séance, elle est épuisée. Mais c’est comme si un gros poids avait été déposé là.
Elle revient la semaine suivante beaucoup plus lumineuse. C’est la première fois que je ne l’entends pas se plaindre, ni de sa mère, ni de son compagnon auprès de qui elle quémande sans cesse un amour qu’il ne peut pas lui donner, ni de ses amies, ni de ses collègues… ni de moi.
On a continué la thérapie pendant encore plusieurs mois. Mais à partir de cette séance quelque chose de nouveau s’est ouvert. Elle a réintégré son centre, mis la juste distance intérieure avec sa mère. Elle a pu renoncer à attendre ce qu’elle n’avait pas reçu enfant et commence enfin à recevoir ce que sa mère lui apporte de soutien sincère au présent. En quelques semaines, elle a pu quitter le père de son fils et se relever de cette relation qui minait toute son estime d’elle-même. Elle a cessé de se trouver laide et de s’habiller en noir et elle est arrivée un jour avec une très belle robe à fleurs rouges. Comme si elle pouvait enfin se voir avec les yeux de l’amour et s’autoriser à vivre.